Conseils Agricoles
La Haie vive : Solution biologique pour durabiliser les clôtures grillagées et plein d’autres avantages
La Haie vive : Solution biologique pour durabiliser les clôtures grillagées et plein d’autres avantages
Les haies vives sont des clôtures biologiques d’arbres ou arbustes visant à marquer les limites des parcelles de production agricole (délimitation foncière), à protéger les cultures contre l’érosion (lutte antiérosive), les animaux (défense des cultures) et/ou à produire du bois, du fourrage, etc. (production). Ce sont des techniques agro-forestières très préconisées pour une agriculture résiliente aux changements climatiques. Pour l’installation de la haie vive, l’espèce végétale est choisie selon les objectifs visés.
Au Niger, les espèces les plus utilisées sont :
- Bauhinia rufescens
- Acacia nilotica ;
- Acacia senegal ;
- Prosopis juliflora ;
- Ziziphus mauritiana
- Euphorbia balsamifera Etc.
Une haie doit être composée de plusieurs espèces mélangées pied à pied pour limiter les risques d’échec : selon les types de sol, l’une ou l’autre espèce, mieux adaptée, dominera. On évite ainsi l’apparition des trouées par mortalité que l’on observe fréquemment dans les haies monospécifiques quand l’espèce est mal adaptée au sol. Pour renforcer l’efficacité de la haie, il faut conserver tous les ligneux qui y poussent naturellement. La haie doit être constituée d’une seule rangée de plants pour faciliter le désherbage. Il est très difficile de désherber entre deux rangées de buissons épineux et cette haie double devient alors un chemin privilégié de transmission du feu. La haie doit être plantée serrée : trois plants au mètre linéaire. Ainsi, la mort d’un plant n’impose pas son remplacement pour conserver son efficacité à la haie.
Entretien des haies-vives
Une taille basse à 25-30 cm de haut est souhaitable quand les plants ont environ un mètre de haut. Cette taille initiale permet l’apparition de nombreux rejets qui densifient la haie dans la partie basse. Une taille régulière, une ou deux fois par an, limite la largeur et la hauteur de la haie. Les branches taillées sont disposées à la base de la haie pour la rendre plus efficace contre le petit bétail : chèvres et cabris. Les différentes espèces de haie sont sensibles au feu même si, elles rejettent de souche. Après le feu, les haies ne sont plus efficaces pendant au moins une année. Pour limiter ce risque, il faut désherber tout le long de la haie sur une largeur d’au moins trois mètres. Dans les zones pâturées, proches des villages, le pâturage réduit l’enherbement et les risques de feux.

Une jeune haie vive composée de trois espèces (Acacia senegal & Bauhinia rufescens & Prosopis juliflora) installée pour renforcer la clôture grillagée
Rôles et impacts des haies-vives
Les haies-vives jouent plusieurs rôles, souvent complémentaires :
- Structuration de l’espace (cadastre végétal) et sécurisation foncière, deux moteurs indispensables de l’intensification agricole ;
- Protection des cultures contre le bétail ;
- Meilleure gestion des pâturages en limitant, par rotation, les temps de pâture pour permettre la repousse des herbes ;
- Lutte contre l’érosion hydrique (haies en courbes de niveau) et éolienne (rôle de brise-vent bas) ;
- Production de produits divers (en fonction des espèces utilisées) : bois de feu et de service, fruits, fourrage, pharmacopée, gommes et fibres ;
- Esthétique et aspect environnemental.
Les impacts environnementaux positifs des haies sont l’amélioration du microclimat (effet brise-vent), la réduction de l’érosion hydrique et éolienne, l’augmentation de la biodiversité à travers les refuges qu’elle créée pour la petite faune et la stabilisation des systèmes de culture et d’élevage. La concentration au niveau de la haie des oiseaux prédateurs, de serpents et autres animaux nuisibles sont considérés comme des impacts négatifs.
En garantissant la propriété terrienne, la haie favorise les améliorations foncières et les investissements qui augmentent la productivité agricole. Elle permet le maraîchage et la diversification des productions agricoles de contre-saison. Elle évite des dégâts d’animaux aux cultures et réduit ainsi les conflits entre agriculteurs et éleveurs. Elle permet d’optimiser la gestion du pâturage pour une meilleure production de viande. Globalement elle contribue à l’intensification agricole et à augmenter ainsi les revenus du producteur.

Produits Divers
Volailles et Charcuteries
Fruits
Matériels Agricoles
Intrants Agricoles
Céréales et Légumineuses
Produits Maraîchers
Lait et Produits laitiers
Arachide, Pâte et Huile d'arachide
Poissons